La Présence de l’Absence

Il est des seuils que l’on ne franchit pas, ils nous happent.Des territoires intérieurs où la fuite n’a plus de sens,où quelque chose, une nuit sans contour, une lune invisible, nous contraint à demeurer.

Là, toute chose se retire.Les évidences se défont, les appuis se dissolvent.Rien ne suffit plus et ce qui reste n’est pas le manque, mais une forme nue du vide,une vacance essentielle, sans promesse et sans réponse.Alors, parfois, un glissement s’opère.Un état second, non comme échappatoire,mais comme passage.Une manière d’être traversé plutôt que d’exister,où l’on touche, sans le saisir,ce qui ne relève ni du monde ni de soi.Ce n’est plus un refuge,ni même un apaisement.C’est un lieu sans qualité,où le temps ne se souvient plus de lui-même, Et dans cette solitude…d’abord rugueuse, presque insoutenable, quelque chose, lentement, consent.Non pas à combler,mais à tenir en Écoute , Alors se forment des assises invisibles,une architecture sans matière,où le haut et le bas cessent de s’opposer,où le manque perd son langage.

Rien n’y est donné,et pourtant rien n’y fait défaut Car lorsque plus rien n’existe comme objet,tout devient possible comme émergence, dans cette insécurité absolue,quelque chose enfin peut fleurir

Ely


Suivant
Suivant

L’INJUSTESSE et autres folies.